Le 8 mars dernier, UPA DI a souligné l’apport déterminant de quatre femmes à l’avancement de leur domaine d’activité respectif, soit l’agriculture, le droit et la coopération. En racontant leur propre parcours, elles ont permis de mesurer toute l’importance des modèles féminins pour les femmes et les hommes qui souhaitent une plus grande équité.
DMV, Ph. D., Professeure émérite et productrice agricole
Juriste, Spécialiste en droits de la personne, genre, gestion et suivi de projets de développement au Bénin
2e Vice-présidente de l’Union des producteurs agricoles
Forte de la réussite des projets pilotes d’économie circulaire dans les régions de Rivière-Froide et de Labrousse, en Haïti, UPA DI a décidé d’étendre le modèle à deux nouvelles communautés, celles de Torbeck et de Baptiste. Sur place, deux organisations de productrices et de producteurs agricoles collaborent au projet, Kombit Fanm Kaskad Dibrey (KOFAKAD) et l’Union des coopératives caféières de Baptiste (UCOCAB).
Cette forme d’économie circulaire permet d’encourager l’agriculture locale, alors que des produits frais et de proximité sont achetés à juste prix par les cantines scolaires de trois écoles. Ainsi, à l’École bon samaritain, à l’École nationale de Toro et à l’École du bastion du savoir, 445 élèves reçoivent, 5 jours par semaine, des repas nutritifs préparés par des cuisinières. Une saine alimentation permet à ces élèves d’avoir les bonnes conditions d’apprentissage et est cruciale pour leur développement.
Les cuisinières sont membres de groupements de femmes qui s’unissent pour faire de la cuisine collective : elles achètent les denrées alimentaires locales, s’occupent de la préparation des repas destinés aux cantines scolaires et séparent aussi entre elles de la nourriture préparée afin que leur famille puisse en bénéficier.
En commercialisant leurs services de préparation alimentaire et en vendant des aliments transformés, les groupements de femmes réussissent à développer une activité économique locale, tout en encourageant l’agriculture familiale de leur région. Elles font partie d’entreprises d’économie sociale, dont l’action profite à l’ensemble de la communauté.
Accroître l’autonomie des femmes afin de leur permettre de contrer les discriminations, augmenter leur résilience face aux changements climatiques et aux effets de la pandémie, tout en répondant aux conséquences de la guerre en Ukraine : voilà le contexte dans lequel a vu le jour le Projet de structuration des services économiques et environnementaux aux transformatrices agroalimentaires tunisiennes (PSSEETAT).
Depuis le 21 février 2022, et pour une durée de cinq ans, le PSSEETAT vise l’autonomisation socioéconomique et la résilience accrue de 2 240 transformatrices agroalimentaires tunisiennes. Ce projet, réalisé en collaboration avec l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) ainsi qu’avec l’Union maghrébine et nord-africaine des agriculteurs (UMNAGRI), intervient dans six régions de la Tunisie et repose sur l’organisation de la vie associative et le renforcement de douze sociétés mutuelles de services agroalimentaires (SMSA) et groupements de développement agricole (GDA) majoritairement féminins.
Le projet vise la formation technique et le renforcement des capacités, le plaidoyer et la sensibilisation pour une plus grande implication des femmes sur le plan décisionnel. Parmi les principaux résultats attendus, mentionnons :
L’amélioration des connaissances et des capacités des transformatrices : intégration de meilleures pratiques ainsi que des procédés et technologies favorisant la mitigation et l’adaptation aux changements climatiques;
L’amélioration des capacités des leaders transformatrices à intégrer les espaces décisionnels liés à la gestion des SMSA et des GDA;
Le renforcement des capacités organisationnelles des groupements (SMSA, GDA, entreprises agroalimentaires des transformatrices);
L’amélioration des compétences des leaders transformatrices : participation et création d’espaces de dialogues sur les bonnes pratiques de gestion et de gouvernance inclusive; capacité à promouvoir des politiques publiques, programmes et services structurants pour le secteur agroalimentaire.
Cette année, l’Union des groupements coopératifs d’agriculteurs Mowossokpo (UGAM), une organisation professionnelle agricole du Bénin, a peaufiné son système collectif de mise en marché (SCMM) de produits agricoles, au bénéfice des membres de l’Union des coopératives de femmes agricultrices et transformatrices du manioc (UCoFAT). Grâce à l’appui de consultants et d’experts coopérants d’UPA DI en agroéconomie, en développement organisationnel et en gestion financière, les deux organisations ont en effet posé les premiers jalons d’un mécanisme permettant :
Cette année, 15 tonnes de gari ont été commercialisées par l’UGAM, ce qui a directement bénéficié à plus de 150 femmes. Les revenus de la vente pourront ultérieurement être utilisés pour accroître le nombre de transformatrices au SCMM et le volume de gari mis en marché et pour améliorer les conditions de vente générales.
De plus, en utilisant les appuis techniques et financiers pour élaborer sa stratégie de transformation du manioc, et pour parfaire les aptitudes de ses membres en matière de leadership, l’UCoFAT, avec l’appui de l’UGAM, est bien outillée pour assurer la pérennité de cette activité commerciale et démultiplier les résultats positifs obtenus.
Pour réaliser ce projet, l’UGAM a pu compter sur le soutien financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec (MRIF) et du programme FO4ACP d’AgriCord.
1 Le gari (ou garri) est une semoule ou une farine de manioc qui entre dans la composition de nombreux mets en Afrique de l’Ouest.
La crise alimentaire en République démocratique du Congo (RDC) est préoccupante, et tout indique que la situation pourrait s’aggraver davantage au cours des prochains mois. Près du quart de la population du pays est confrontée à des conditions de crise ou d’insécurité alimentaire aiguë d’urgence2.
Les femmes congolaises, qui représentent 72 % de la force de travail agricole, sont particulièrement vulnérables à cette crise, au même titre que les jeunes, actuellement surreprésentés dans la population sans emploi.
Pour faire face à ces enjeux, UPA-DI, en collaboration avec la Confédération paysanne du Congo (COPACO), propose le Projet d’appui aux systèmes alimentaires durables, équitables et inclusifs (PASADEI), qui vise le développement d’initiatives entrepreneuriales agroalimentaires par des femmes et des jeunes. Le projet a également pour but de renforcer le leadership agricole avec, à la clé, une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des femmes et des jeunes et l’adaptation du secteur aux changements climatiques.
Le projet PASADEI se déroulera dans deux communes de la province de Kwango, soit Kabuba et Buganga-Lonzo. Il sera mis en œuvre sur le terrain par deux organisations paysannes chapeautées par la COPACO :
La fin du projet est prévue pour mars 2024.
2 FAO, PAM, 2022
Soutenir financièrement des femmes pour qu’elles achètent des denrées alimentaires produites localement afin qu’elles préparent les repas des cantines scolaires prend tout son sens dans le monde d’aujourd’hui.
La circularité de cette forme d’économie tient du fait que les productrices et producteurs agricoles reçoivent un revenu leur permettant de continuer de produire. Les femmes étant rémunérées font preuve d’initiative dans le milieu et les enfants qui reçoivent un repas à base d’aliments locaux vont se rappeler leur vie entière que c’est dans leur communauté qu’ils ont pu nourrir l’espoir de grandir convenablement.
Voilà la principale motivation des agricultrices et agriculteurs du Québec pour soutenir, à travers leur organisation, la campagne Manger local fait grandir le monde amorcée l’an dernier. Mais il y a une autre raison : faire connaître les effets d’une telle approche auprès d’autres donateurs afin qu’ils appuient eux aussi cette cause. Voilà ce qui anime l’équipe d’UPA DI, déjà convaincue qu’un repas à la fois, on peut changer la vie.
Entre le début de l’année scolaire, en octobre 2021 et le 31 mars 2022, les 8 cuisines collectives en activité en Haïti avaient déjà fourni plus de 61 610 repas à des écoliers.
À ce jour, une trentaine de femmes œuvrent dans les cuisines; depuis 1 an, elles ont préparé plus de 100 000 repas pour les cantines scolaires de leur communauté.
Rapport annuel 2021/2022
© UPA DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL – 2022 – TOUS DROITS RÉSERVÉS / RÉALISATION : kinacommunication.com
Rapport annuel 2021/2022
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