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Développer durablement

Énergies rurales vertes

L’agriculture familiale est la principale assise des communautés rurales du Sénégal et du Burkina Faso. Or, à l’heure actuelle, plus de 75 % des ménages ruraux n’ont accès à aucune source d’énergie. Cela constitue évidemment un obstacle majeur pour les exploitations familiales ou les communautés rurales qui veulent développer, en complément de leurs cultures et de leurs élevages, des activités économiques comme la transformation et la vente de produits. 

Pour s’attaquer à ce défi, UPA DI a amorcé cette année une démarche en co-développement avec des partenaires du Québec dont l’expertise est complémentaire à la sienne, ainsi qu’avec deux organisations professionnelles d’envergure nationale œuvrant au Sénégal et au Burkina Faso :

  • Fonds Solidarité Sud (Québec);
  • Caisse d’économie solidaire Desjardins (Québec);
  • Centre TERRE du Cégep de Jonquière (Québec);
  • PARDEC — Partenariat pour le — développement des communautés (Québec);
  • Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Sénégal);
  • Confédération paysanne du Faso (Burkina Faso).

Cette année, grâce au programme de coopération volontaire d’UPA DI, deux conseillers à distance et deux conseillers nationaux ont appuyé les OP partenaires dans la réalisation d’études de faisabilité visant la mise en place de plateformes énergétiques durables. La suite? Une première mission a été menée au Sénégal par deux volontaires du réseau de l’UPA en mai 2022 afin de préparer le démarrage de projets de transformation. À suivre…

 

Quand les changements climatiques nous pressent d’agir

Parmi les panels de discussion organisés sur le Web en 2021, celui tenu à l’occasion du Jour de la Terre a permis à cinq intervenantes et intervenants du Canada, du Sénégal et du Bénin de partager leur expérience et leur expertise en matière de lutte aux changements climatiques. Ce qui ressort de ces discussions, c’est que cette lutte est à la fois individuelle et collective, scientifique, technologique, politique, économique et sociale. De nombreux pas sont faits pour la mener, parfois plus lentement que souhaité, mais il demeure que les bouleversements du climat se font déjà sentir, entre autres en agriculture. Les productrices et les producteurs ont donc un double défi à relever : celui de s’adapter à ces changements dans leur quotidien, tout en travaillant à réduire leur empreinte environnementale pour laisser aux générations futures des terres en bonne santé qui leur permettront de produire encore longtemps.

Les invités
Alain Olivier

Professeur en agroforesterie à l’Université Laval

Michel Normand-Marleau

Conseiller en développement international, Partenariats pour l’environnement et l’action pour le climat à Affaires mondiales Canada (AMC)

Astou Ndiaye

Assistante de direction à la Fédération des groupements associés des paysans de Baol (FEGPAB)A

Mélanie Morel

Chargée de programmes à UPA Développement international (UPA DI)

Marie Aguewe

Présidente de l’Association nationale des femmes agricultrices du Bénin (ANAF)

Ce qu’ils ont dit
« Il y a énormément de connaissances qui viennent des paysans et des paysannes des zones tropicales et subtropicales; ils ont énormément à nous apprendre dans ce domaine. »
« L’agroécologie s’intéresse à la question écologique, bien sûr, mais aussi à des enjeux sociaux comme l’aménagement du territoire rural, l’accès aux semences et à la terre, la pauvreté paysanne aussi, parce que les paysans et les paysannes ne sont généralement pas rémunérés pour leur labeur, pas à leur juste valeur. »

— Alain Olivier

« Les bouleversements et l’hivernage vraiment long, la non-stabilité de l’hivernage, les pluies précoces, la sécheresse, les inondations, l’arrêt brusque des pluies : tout cela a des effets sur les rendements agricoles et sur l’élevage. »

— Astou Ndiaye

« Qu’est-ce que c’est l’agroforesterie, en fait? C’est la combinaison de l’agriculture qui nous nourrit et de la foresterie, qui contribue à nourrir et à accroître la biodiversité essentielle à l’équilibre de la planète. »

— Mélanie Morel

Bolivie :
  • Unidad de Negocios de Especias y Condimentos (UNEC);
  • Central Local de Cooperativas agropecuarias Caranavi (CELCCAR);
  • Association nationale de producteurs de quinoa (ANAPQUI).
Pérou :
  • Les coopératives caféières La Florida et San Fernando.

Un plan de café qui se démarque

En Bolivie et au Pérou, deux projets complémentaires viennent en appui aux familles agricoles qui produisent de l’origan, du café, des agrumes, du miel et du quinoa :

  • Le Projet pour l’amélioration de l’accès aux marchés (PAAM), financé par l’Agence française de développement (AFD);
  • Le Projet d’appui aux services financiers des organisations paysannes (PASFOP), financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA).


Dans le cadre de ces deux initiatives, les familles productrices concernées bénéficient de l’expertise de techniciennes et techniciens agricoles, reçoivent de la formation et ont accès à de meilleurs équipements et espaces, le tout, dans le but d’augmenter les rendements et la qualité des produits, qui seront vendus sur les marchés locaux, nationaux et internationaux.

En Bolivie, dans la région de Caranavi, un producteur a d’ailleurs mis à profit de façon innovante les enseignements reçus lorsqu’est venu le temps de renouveler sa plantation de café vieillissante. En effet, Issac Quispe, membre de la coopérative El Salvador, s’est rendu compte qu’un de ses plants de café n’était pas touché par la rouille, une maladie assez répandue dans ce type de plantation. Pourtant, tous les plants autour en souffraient, ce qui compromettait ses rendements. Issac a pensé que la plante saine avait possiblement muté et il a utilisé ses graines pour faire pousser de nouveaux plants. Avec l’appui des techniciens, il a renouvelé sa plantation et voit déjà que la rouille n’attaque pas les nouveaux plants, promettant de bons rendements pour les prochaines années. Pour la suite, Issac aimerait breveter ses semences de café. CELCCAR, le partenaire présent sur le terrain, sera là pour l’appuyer!

En tout, cinq organisations paysannes sont appuyées dans la poursuite de ces deux projets exécutés en partenariat avec Agricord et d’autres agri-agences, dont TRIAS et Infocos.

Agriculture et finance climatique

En novembre 2021 s’est tenu le sommet mondial sur le climat, la COP 26, orchestrée par les Nations Unies à Glasgow, en Écosse. Pour l’occasion, UPA DI a souhaité apporter sa contribution à la réflexion en proposant un panel virtuel sur la finance verte. 

Cet événement a permis de faire le point sur les projets visant la carboneutralité et la sécurité alimentaire en milieu sahélien. Des intervenants d’Haïti, du Sénégal et du Québec ont traité à la fois de l’urgence de l’adaptation et de la détermination des organisations paysannes et de coopération à s’engager dans des solutions porteuses d’espoir alliant économie et écologie.

Les invités
Rachel Lévesque

Conseillère aux enjeux internationaux de sécurité alimentaire et de diversité biologique, Ministère des Relations internationales et de la Francophonie (Québec)

El Hadji Thierno Cissé

Coordonnateur de la Cellule d’appui technique, Conseil national de concertation des ruraux (Sénégal)

Étienne Desmarais

Président-directeur général et cofondateur, Écotierra (Québec)

Walter Élisme

Président, Union des coopératives du café de Baptiste (Haïti)

Ce qu’ils ont dit
« On vit des années très intéressantes et importantes pour la biodiversité. On est en pleine négociation d’un prochain cadre mondial pour la nature qui va être adopté à la conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (COP 15) en avril »
— Rachel Lévesque
« Évidemment, quand on parle de sécurité alimentaire, on parle de nos affaires. C’est nos affaires parce qu’en tant que mouvement paysan, nous avons comme vision de pouvoir nourrir notre pays, et à cet égard, la question des changements climatiques est une contrainte majeure aujourd’hui. »
— El Hadji Thierno Cissé

Carbo­neutre AYITI : reboiser pour nourrir !

En Haïti, UPA DI et ECOTIERRA coordonnent un projet avec l’Union des coopératives caféières de Baptiste (UCOCAB) qui vise à accroître les revenus des agriculteurs et des agricultrices provenant de la production agricole et de la captation de carbone.

La mise en place de systèmes agroforestiers diversifiés selon les principes de l’agroécologie vise à réhabiliter plusieurs hectares de terre dégradée et à générer des crédits carbone.

Cette solution aux problèmes identifiés localement est issue d’un important processus de consultation sociale dans les communautés visées. Les familles agricoles ont travaillé ensemble afin d’identifier des options agroécologiques pour lutter contre la déforestation, la dégradation des terres et les changements climatiques.

Durant la dernière année, 20 hectares de nouvelles parcelles agroforestières se sont ajoutés aux 10 hectares de la phase-pilote de 2020. De plus, 8 pépinières ont été mises sur pied dans les coopératives locales, produisant près de 140 000 plantules de toutes sortes (café, arbres fruitiers et arbres à bois d’œuvre)!

Bwa pi wo di li wè lwen, men grenn pwomennen di li wè pi lwen pase l  (Traduction libre : L’arbre le plus haut dit qu’il voit loin, mais la graine qui se promène dit qu’elle voit plus loin que lui.)

Les partenaires financiers :
  • Affaires mondiales Canada (AMC) 
  • Fonds thématique Réseau Agro-Innov
  • Association québécoise pour le développement des Nations Unies (AQANU-Granby)
  • Fondation Louise Grenier

Des sols aux petits soins !

Au Sénégal, pays particulièrement touché par les effets des changements climatiques et la dégradation des ressources naturelles, UPA DI participe à la mise en œuvre du projet « Sécurité alimentaire : une agriculture adaptée (SAGA) ». De concert avec le Conseil national de concertation des ruraux (CNCR), elle y accompagne une soixantaine de personnes regroupées dans des clubs-conseils en santé des sols (CCSS) dans les régions de Kaolack, Diourbel et Thiès. Ces CCSS travaillent au renforcement des pratiques agricoles visant l’amélioration de la santé globale des sols pour une agriculture résiliente (fertilité, productivité et protection de la biodiversité). 

En parallèle, des initiatives locales de gestion communautaire durable des ressources naturelles ont été appuyées dans les régions de Dakar, de Diourbel et de Thiès. Quatre projets de reboisement et de revitalisation de lacs et marigots ont été réalisés et des centaines de personnes ont été formées aux techniques de récupération des terres, à la tenue de pépinières et de jardins familiaux ou encore à la fabrication de foyers améliorés. 

Dans le cadre de SAGA, UPA DI coordonne également les activités d’une communauté de pratique regroupant six organisations de coopération internationale québécoises, deux universités et un consortium en climatologie. Il s’agit d’une plateforme d’échanges qui vise à documenter et communiquer les bonnes pratiques visant la sécurité alimentaire et la résilience face aux changements climatiques. Le premier cycle de réflexion, terminé en juin 2021, portait sur l’inclusion des jeunes en agriculture et la capitalisation des projets et leur pérennité. Trois rencontres ont été tenues virtuellement pendant la dernière année.

Petite échelle, grand impact

Ne manquez pas les reportages de TV5 Monde sur le projet SAGA.


Le projet SAGA est coordonné par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) grâce à un partenariat technique et financier du gouvernement du Québec par l’entremise du ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF).

Pour « redonner vie à la terre »

Le projet Dekkal Suuf (redonner vie à la terre en langue wolof) vise lui aussi à soutenir nos partenaires du Sénégal dans la gestion optimale de la santé des sols à partir de données factuelles techniques. UPA DI y participe dans le cadre du Programme de coopération climatique internationale (PCCI) du gouvernement du Québec. Quatre organisations professionnelles agricoles (OPA) situées dans le bassin arachidier et en Casamance sont impliquées dans ce projet sous la coordination du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) du Sénégal. À l’instar du projet SAGA, les agricultrices et les agriculteurs sont aussi regroupés au sein de clubs-conseils en santé des sols (CCSS). 

Pour l’année 2021, étant donné le contexte pandémique et l’impossibilité de réaliser des mandats sur le terrain, nous avons décidé de concentrer nos actions sur le bon démarrage des activités des CCSS. Même si cet appui à distance a nécessité plus de temps, les clubs sont maintenant bien implantés et les OPA partenaires ont participé à plusieurs formations pilotées par le CNCR sur des thématiques telles que le compostage, la lutte antiérosive, la gestion et la conservation de l’eau et les bonnes pratiques agricoles.

À Affiniam en Casamance, les villageoises et les villageois revitalisent leurs rizières en partie abandonnées à cause du sel. Après que des analyses de sol ont révélé un taux élevé d’acidité, l’apport de chaux, de matière organique, le choix de variétés adaptées, une nouvelle gestion de l’eau et du repiquage du riz ont permis de tripler les rendements par rapport aux méthodes traditionnelles. La surface améliorée a été doublée en 2022 tant le projet Dekkal Suuf s’avère pertinent.

L’appui de l’équipe d’UPA DI et des collaborateurs québécois (VIA Pôle d’expertise en services-conseils agricoles et Coordination services-conseils) reprendra en 2022 pour le développement d’une offre de services-conseils adaptés et la professionnalisation des services aux membres.

Extrait du rapport-bilan du CNCR Année 2021 :

Le compost a suscité la curiosité des productrices et des producteurs membres qui, dès l’an 1, se sont tous engagés. L’engouement est surtout accentué par les échos captés depuis le programme qui a précédé (SAGA : Santé des sols). Ainsi, 67 fosses compostières d’une moyenne de production de 2,5 T de compost pur, soit bien plus de 100 T au total, ont permis de prendre en charge une soixantaine de champs avec un apport en matière organique estimé à 2,7 T par champ.

Témoignage :

Khouya Ndir est un bel exemple en ce qui concerne l’amélioration de la production fruitière. Il porte la parole des aînés et affirme « qu’avec la fabrication et l’utilisation du compost, nous ne sommes plus acculés par la dette de l’engrais chimique. La demande en engrais a drastiquement baissé à Keur Sakhaïta et Ndirène ces dernières années. Même si nous ne sommes pas autosuffisants, relativement au déroulement de l’hivernage ces dernières années, nous sommes libres de toute dette liée aux produits phyto et aux intrants ».

© UPA DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL – 2022 – TOUS DROITS RÉSERVÉS / RÉALISATION : kinacommunication.com

La réalisation de ce rapport annuel est rendue possible grâce à Affaires mondiales Canada.

© UPA DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL – 2022 – TOUS DROITS RÉSERVÉS

RÉALISATION :

kina communication

La réalisation de ce rapport annuel est rendue possible grâce à Affaires mondiales Canada.